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Activité parlementaire


Point de presse de M. Amir Khadir, député de Mercier

Le jeudi 2 avril 2009



(Quinze heures vingt-sept minutes)

Une voix: M. Khadir, est-ce qu'on peut commencer?

M. Khadir: Oui. Merci beaucoup. C'est parce qu'il fallait attendre une série de questions et de motions de censure. Donc, merci d'avoir attendu.
Bon après-midi. Le rapport du Vérificateur général n'a échappé à personne parmi les commentateurs politiques et sociaux. Sur la question du CHUM, sans doute qu'on s'est moins penché un peu... parce que le CHUM est important, mais on s'est moins penché sur le deuxième tome, le chapitre 2, qui se penche sur la situation des minières au Québec, qu'est-ce que l'industrie minière rapporte vraiment à la nation québécoise, quelles sont les interventions gouvernementales. Or, en Chambre, le gouvernement aujourd'hui n'a parlé que d'une seule voix sur ce que doivent représenter comme retombées pour le Québec les richesses qu'on puise dans notre sous-sol, et cette voix, c'était la voix de l'Institut Fraser. Ce que le ministre concerné, le ministre des Mines, nous a appris, c'est qu'il était très content d'entendre l'industrie... je dis «l'industrie», l'Institut Fraser saluer le fait que le Québec est l'endroit en Amérique du Nord qui offre les meilleures conditions à l'entreprise privée, à l'investissement étranger. Si j'étais à la place de M. Charest et de ce ministre, moi, je serais relativement embarrassé, parce que qui dit meilleur environnement pour l'investissement étranger et les meilleurs avantages dit essentiellement : Des cadeaux. Or, le Vérificateur général se pose exactement cette question: Qu'est-ce qui motive le Québec à épuiser les ressources de son sous-sol si, au bout du compte, on n'en touche aucun bénéfice? Et j'explique.

Entre 2002 et 2008, le Vérificateur nous rapporte que les compagnies minières actives au Québec ont extrait 17 milliards de dollars. Là-dessus, ils sont tenus de payer 12 % de redevances. Ça représente quelque chose de l'ordre de 2 milliards de dollars. Or, on apprend que seulement 259 millions sur six ans ont été payés aux caisses de l'État québécois comme résultat de ces richesses extraites. Pire encore, on a dépensé tout près, durant ces années, de l'argent des contribuables en déductions fiscales, en contributions directes, en ouverture de routes, près de 900 millions de dollars. Donc, il y a un manque à gagner dans tout ça de 2,8 milliards de dollars de nos richesses naturelles, que les compagnies ont mis dans leurs poches comme profits parce que le gouvernement n'a pas agi en fonction de l'intérêt du Québec.

Alors, la question que je pose et que je reposerai encore en Chambre très prochainement sur l'ensemble des redevances que nous touchons au Québec sur les ressources naturelles, c'est: À un moment où le Québec s'enfonce davantage dans l'endettement, à un moment où, pour sortir de la crise, la nation québécoise a besoin de toutes ses richesses, qu'est-ce qui motive... quels lobbys, quelles personnes dans son cabinet, quelles personnes dans son entourage s'opposent à ce que M. Charest aille chercher les richesses qui nous reviennent?

Mme Richer (Jocelyne): Qu'est-ce que vous pensez des réponses par le ministre aujourd'hui à ce sujet?

M. Khadir: Ça a, disons, à tout le moins, surpris tout le monde en Chambre par l'espèce de... je m'excuse de le dire, je n'insulte personne habituellement, mais ça avait l'air d'un radotage. Il était très évasif. Il n'avait rien à répondre sur la raison pour laquelle le Québec, la nation du Québec ne bénéficie pas de ces richesses.

M. Boivin (Mathieu): M. Khadir, est-ce que le Québec se comporte d'une façon qui rappelle les républiques de bananes qui vendent leurs ressources à vil prix pour créer quelques emplois?

M. Khadir: Écoutez, même les républiques de bananes dont vous parlez aujourd'hui, là, ne se contentent pas... même du 12 %. Il y a plusieurs pays qui, pour bien plus que ça, c'est-à-dire 16 % ou 18 %, ont nationalisé leurs ressources naturelles. Je prends l'exemple de l'Iran... il y a 50 ans, pas aujourd'hui, il y a 50 ans, touchait 16 % sur les revenus pétroliers, a jugé mieux de garder dans ses poches les 84 autres cents sur chaque dollar que son pétrole valait. Donc, ce que je veux vous dire, c'est que même aujourd'hui, ni hier, on ne se contente pas de si peu. C'est 12 %. Mais même ce 12 % n'est pas respecté, là. Regardez, c'est 1,5 % en moyenne, durant les six dernières années, qu'on a touché comme retombées de l'extraction de notre sol. Alors, à quoi bon d'épuiser nos ressources, à quoi bon dévaster notre territoire, à quoi bon ouvrir d'autres routes si c'est pour toucher des miettes? C'est pour...

M. Boivin (Mathieu): ...on fait pire qu'une république de bananes?

M. Khadir: On fait actuellement pire qu'une république de bananes. On est retournés du temps de Duplessis où c'était une cenne la tonne.

Une voix: Merci, monsieur.

M. Khadir: D'autres questions? Merci beaucoup.

(Fin à 15 h 32)

Sources: http://www.assnat.qc.ca/fra/nouvelles/nouvelles.asp (Texte / Vidéo)


Budget 2009-2010

39e législature, 1re session
Discours sur le budget
Le mercredi 25 mars 2009:

Source: http://www.assnat.qc.ca/FRA/travaux/Debats/banquevideo/ch/budget20092010.html